Pour un client particulier, la facture ne passe pas par le circuit de facturation électronique B2B. Vous continuez à lui transmettre sa facture par votre canal habituel — par exemple par e-mail ou sur papier — tandis que les données de la transaction sont transmises à l’administration via le e-reporting.
La distinction est importante : la réforme ne supprime donc pas la facture destinée au particulier. Elle change surtout ce qui se passe en arrière-plan côté entreprise. Et le même raisonnement ne s’applique pas automatiquement à toutes les structures qui « ne paient pas de TVA » : une association ou une entreprise en franchise en base peut relever d’un régime différent.
Client particulier : pas d’e-invoicing, mais du e-reporting
La facturation électronique au sens de la réforme concerne les opérations réalisées entre entreprises établies en France et assujetties à la TVA. Une vente à un particulier n’entre pas dans ce circuit d’e-invoicing.
Autrement dit, deux flux doivent être distingués : ce que reçoit votre client et ce que reçoit l’administration. Votre client continue à recevoir son document comme auparavant. La plateforme agréée sert, elle, à acheminer les données réglementaires vers l’administration.
| Situation | Ce que reçoit le client | Obligation côté entreprise |
|---|---|---|
| Client particulier | Facture par le canal habituel | E-reporting des données concernées |
| Entreprise française assujettie | Facture électronique via plateforme agréée | E-invoicing |
| Client professionnel étranger | Facture selon le canal applicable | E-reporting selon les règles applicables |
Que signifie concrètement le e-reporting pour une vente à un particulier ?
Le e-reporting est la transmission électronique à l’administration de données relatives à des opérations qui ne passent pas par le circuit de facturation électronique. La DGFiP cite explicitement les ventes ou prestations réalisées avec des personnes non assujetties, notamment les particuliers.
Vous ne demandez donc pas à votre client particulier de choisir une plateforme agréée et vous ne lui envoyez pas sa facture dans l’annuaire de facturation électronique. C’est votre propre organisation — logiciel, plateforme agréée ou chaîne de facturation — qui doit permettre de transmettre les données requises.
Quand le e-reporting devient-il obligatoire ?
Le calendrier du e-reporting suit le déploiement de l’obligation d’émission. Les grandes entreprises et les ETI sont concernées à compter du 1er septembre 2026. Les PME, TPE et micro-entreprises le sont à compter du 1er septembre 2027.
Cette échéance ne doit pas être confondue avec l’obligation de réception : toutes les entreprises concernées par la réforme doivent être capables de recevoir des factures électroniques dès le 1er septembre 2026, même si leur propre obligation d’émission et de e-reporting ne commence qu’en 2027.
Et si votre client est une association ?
Le mot « association » ne suffit pas à déterminer le traitement. Il faut savoir si l’association est assujettie ou non à la TVA.
Lorsqu’une association à but non lucratif est non assujettie à la TVA, elle n’a pas elle-même à entrer dans le dispositif de facturation électronique ni à réaliser de e-reporting. En revanche, si votre entreprise lui vend un bien ou une prestation, votre opération à son profit relève du e-reporting, comme pour un particulier.
À l’inverse, si l’association est assujettie à la TVA et que les autres conditions sont réunies, une opération B2B domestique réalisée à son profit peut relever de la facturation électronique.
Franchise en base : attention, ce n’est pas un client non assujetti
C’est probablement la confusion la plus importante à éviter. Une entreprise qui bénéficie de la franchise en base de TVA ne collecte pas la TVA sur ses ventes, mais elle reste un assujetti à la TVA au sens de la réforme.
Ainsi, lorsqu’un micro-entrepreneur ou une entreprise en franchise en base facture ou reçoit une facture dans une opération B2B française entrant dans le champ de la réforme, la facturation électronique peut s’appliquer. Le fait qu’aucune TVA ne figure sur la facture ne transforme pas cette entreprise en particulier ou en non-assujetti.
| Client | Assujetti à la TVA ? | Circuit principal |
|---|---|---|
| Particulier | Non | E-reporting côté vendeur |
| Association non assujettie | Non | E-reporting côté vendeur |
| Association assujettie | Oui | E-invoicing si les conditions B2B sont réunies |
| Micro-entreprise en franchise en base | Oui | E-invoicing si les conditions B2B sont réunies |
La réforme ne dit pas où votre client particulier retrouvera sa facture
Le e-reporting répond à une obligation de transmission de données vers l’administration. Il ne crée pas, pour le particulier ou l’association non assujettie, un espace où retrouver ses factures.
C’est une différence concrète avec le B2B couvert par l’e-invoicing. Votre client particulier continue à dépendre du canal que vous choisissez : e-mail, papier ou autre moyen de mise à disposition. S’il perd le document plusieurs mois plus tard, la réforme ne lui fournit pas automatiquement un historique centralisé.
Cette distinction entre transmission réglementaire et accès documentaire est aussi au cœur de notre article sur l’endroit où vos clients retrouveront leurs factures avec la réforme.
Que retenir si vous facturez à la fois des entreprises et des particuliers ?
Vous pouvez être soumis aux deux mécanismes en parallèle. Pour vos clients professionnels français assujettis et dans le champ de la réforme, vos factures passent par l’e-invoicing. Pour vos clients particuliers et autres personnes non assujetties, vous continuez à transmettre la facture par le canal approprié et vous réalisez le e-reporting des données concernées.
Le bon réflexe est donc de qualifier vos clients correctement dans votre système de facturation. La distinction ne se résume pas à « TVA sur la facture ou non » : ce qui compte est notamment la qualité d’assujetti du client et la nature de l’opération.
Sources
- DGFiP — Je découvre la facturation électronique
- DGFiP — Mes clients sont à la fois des entreprises et des particuliers
- DGFiP — Foire aux questions : j’approfondis la facturation électronique
- economie.gouv.fr — Tout savoir sur la facturation électronique pour les entreprises
- Service Public Entreprendre — Comment se préparer à l’obligation de facturation électronique ?
- DGFiP — Guide pratique de démarrage au 1er septembre 2026
Portalys n’est pas une Plateforme Agréée et n’assure aucune transmission réglementaire des factures ou des données de e-reporting. Cet article présente une information générale et ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique.